« Tu vas dormir en paix. » L’homme, qui se présente comme un exterminateur, nous a donné rendez-vous à l’entrée d’un supermarché près du métro Henri-Bourassa à Montréal. Il nous tend deux bouteilles de Sniper 1000 EC DDVP, un insecticide dont la vente et l’utilisation sont interdites au Canada. Prétextant une infestation de punaises de lit, nous l’avions contacté la veille, sous une autre identité, au sujet d’une annonce placée sur Facebook Marketplace.
Dans cette annonce, il affirme vendre un « produit magique très, très efficace », « tout nouveau en Amérique du Nord ». Un produit qui neutralise les coquerelles et les punaises de lit grâce à « son odeur forte capable de détecter (sic) les parasites et les rongeurs et de détruire leur système immunitaire en quelques secondes ».
Ce produit n’a rien de nouveau. En 2024, Santé Canada a lancé une mise en garde contre la vente sur les réseaux sociaux de cet insecticide non homologué. « Ces produits contiennent du dichlorvos, également connu sous le nom de DDVP, à des concentrations qui posent un risque important pour la santé humaine », indiquait l’avis de Santé Canada1.
« Il fait partie des pesticides particulièrement toxiques », note la Dre Maude St-Onge, directrice médicale du Centre antipoison du Québec.
Une exposition à ce produit peut causer des symptômes digestifs, neurologiques, mais aussi respiratoires et cardiaques. Les patients peuvent notamment décéder des effets respiratoires et cardiaques.
La Dre Maude St-Onge, directrice médicale du Centre antipoison du Québec
Deux ans plus tard, le Sniper 1000 EC DDVP demeure facilement accessible en ligne à des prix allant de 15 $ à 59 $ la bouteille en format de 100 ou de 200 ml. Depuis avril, nous avons recensé 47 profils de vendeurs sur Facebook Marketplace proposant ce produit, la plupart situés à M...
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